La recherche d’une certaine perfection - Élodie Simon
Élodie Simon

J'aime les voyages. Déjà à l'âge de 16 ans, mon rêve était de faire le tour du monde. Je m'intéresse aux cultures étrangères, à leurs façons de vivre, à la façon qu'ils ont de voir le même monde que celui dans lequel on vit tous. Vous serez surpris de lire tout ce que j'ai découvert tout au long de mes séjours partout dans le monde. Je continuerai à vous raconter toutes mes nouvelles aventures sur une base quasi-quotidienne. J'ai besoin de vous en parler, j'ai besoin de l'écrire. Chaque mot, chaque ligne que j'écris me permet de revivre ces moments qui souvent, se sont envolés trop vite.

La recherche d’une certaine perfection

La recherche d’une certaine perfection - Élodie Simon

La plus jeune sœur de ma meilleure amie, avait ce que l’on appelle, un problème narcissique. Elle faisait une sorte d’état des lieux de tout son corps tous les matins de bonne heure. La moindre tache, la moindre petite imperfection, la moindre petite fourche sur un seul cheveu et il lui fallait faire une sorte de ravalement entier de tout son corps. Elle avait comme petit-déjeuner un bol de céréales sans gluten et tout un panel de petites boîtes remplies de gélules multi-vitaminées de toutes sortes. Pour les cheveux, pour les ongles, pour la peau, pour les yeux, pour le sang, pour le transit, etc… Et surtout pour rester mince. Un jour, alors que j’avais passé la nuit chez eux, elle criait « au secours », très tôt le matin, pour le simple fait d’avoir trouvé une tache brune sur la peau. Ce n’est pas la tache en elle-même qui était problématique, bien que. C’était son emplacement. Juste à côté de la lèvre, un peu trop près du nez. Le monde venait de s’écrouler. Elle demanda immédiatement un prêt à la banque pour faire vaporiser la tache par le biais d’un laser le plus rapidement possible. Il était hors de question, alors qu’elle se promettait une carrière de comédienne de se présenter avec une imperfection de la sorte.

Je la revoyais une année plus tard. Nous étions en pleine mode du mannequin style poupée. Elle avait le teint glabre, aussi blanc que de la porcelaine, ne comportant aucune imperfection visible même de près. Elle semblait aussi avoir maigri de la taille. Sa sœur m’apprenait qu’elle s’était fait arracher plusieurs côtes pour paraître plus mince. Elle avait aussi fait quelques retouches sur son nez et sur ses paupières. Tout ce que je comprenais, c’est qu’elle tenait absolument à ressembler à une des héroïnes des bandes dessinées manga. Elle s’était même fait rétrécir les cordes vocales au laser pour avoir une voix un peu plus fluette. Ce n’était pas une simple transformation, c’était une métamorphose. Malgré cela et après plusieurs mois de recherches intensives de contrats divers de production cinématographique, elle ne recevait en retour que quelques diffusions à la télé et la possibilité de participer à quelques défilés de jeunes créateurs et stylistes du Québec. Redescendue sur terre, elle ne cherchait plus qu’à être l’égérie d’une marque de cosmétiques pour gagner sa vie. J’espérais de tout cœur pour elle qu’elle ne sombre jamais dans une dépression. Je ne saurais aider un être qui ne se reconnaît pas.